Amélioration des connaissances sur les milieux marins et les populations exploitées

Les professionnels de la pêche sont présents sur l’eau quotidiennement. Ils ont accumulé des années de connaissances empiriques sur les espèces pêchées et les milieux naturels aquatiques.

Il est indispensable de disposer des meilleures connaissances sur les espèces d’intérêt halieutique, pour que leur gestion soit adaptée, et que la pérennité de leur exploitation de soit pas remise en cause. Il y a encore de nombreuses lacunes dans les connaissances sur les espèces exploitées,  leurs traits de vie, les milieux naturels associés, les facteurs influençant l’état de leur population, …

Les scientifiques et les gestionnaires ont besoin du savoir-faire et de l’expérience des professionnels pour avancer sur ces sujets. Des partenariats se développent jour après jour entre gestionnaires, scientifiques et professionnels pour acquérir davantage de connaissances.

Voici trois études auxquelles participe le CDPMEM 33 et les professionnels du département.

En milieu fluvio-estuarien: l’anguille européenne

La biologie de l’anguille recèle encore de nombreuses zones d’ombre… Les professionnels de l’estuaire de la Gironde ont participé de 2010 à 2012 à une étude visant à mieux connaître les déplacements des anguilles en milieu continental profond. Ce sont 64 pêcheurs professionnels marins et fluviaux qui ont permis la réalisation des actions de terrain.

Des anguilles sont capturées à des points précis par les professionnels à l’aide de nasses. Elles sont ensuite mesurées et marquées individuellement (marquage externe visible, et marque interne « pit tag »), puis relâchées là où elles ont été capturées. Au fil de la campagne, des anguilles précédemment marquées sont re-capturées : on peut donc ainsi suivre leurs déplacements, mais aussi leur croissance.

Cette étude associe l’ADERA, MIGADO, le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins d’Aquitaine, l’AADPPED Gironde, la DREAL Aquitaine, et bénéficie du soutien du Conseil régional d’Aquitaine, du Conseil général de la Gironde, du Ministère en charge de l’Environnement et du FEDER.

Dans le bassin d’Arcachon: la palourde japonaise

Prélèvement de sédiment et de palourdes lors de l'étude de 2012

Depuis 2001, les professionnels de la pêche à la palourde travaillent en collaboration avec les scientifiques (Ifremer, laboratoire EPOC de l’université de Bordeaux I) pour mieux connaître la biomasse de palourdes dans le Bassin et mieux comprendre sa croissance et les facteurs qui l’impactent.

Depuis 2006, une évaluation de stock est réalisée tous les deux ans par le CDPMEM 33 grâce aux compétences du Laboratoire Ressources Halieutiques Aquitaine de l’Ifremer. Ces évaluations font intervenir les professionnels dans les prospections de terrain, et dans les prises de décision de gestion qui découlent de chaque nouvelle évaluation de stock.

La dernière évaluation a eu lieu en 2012.

Plus d’informations sur les relations de partenariat entre professionnels et scientifiques sur la palourde du Bassin : un poster relatant la coopération depuis les années 2000

Dans le bassin d’Arcachon, l’estuaire de la Gironde et à l’océan: la raie brunette

RAIEBECCA

La raie brunette (Raja undulata)est une espèce que la législation européenne sur la pêche interdit de débarquer en Europe depuis 2009 (règlement (CE) N°43/2009). Cependant, les observations des pêcheurs professionnels tendent à montrer que ces raies sont encore abondantes.

Afin d’envisager une autre approche de la gestion de cette espèce et de faire évoluer cette législation, il est nécessaire d’acquérir des informations complémentaires concernant la distribution, l’abondance et l’identité du stock de raie brunette. L’objectif du projet RaieBECA est de mieux évaluer l’importance et les caractéristiques du stock de raie brunette dans le secteur centre est atlantique, d’un point de vue socio-économique d’une part, et au niveau de sa distribution géographique et son abondance d’autre part. Ce projet est porté par l‘Aglia et le CREAA, et le CRPMEM Aquitaine est un des partenaires, en lien avec le CDPMEM 33.

Dans ce cadre, plusieurs marins-pêcheurs professionnels de Gironde participent à RaieBECA, en marquant des raies capturées accidentellement et en les relâchant par la suite, après avoir noté les informations sur la capture (lieu de capture, caractéristiques de l’individu marqué, …). En cas de recapture d’un individu marqué, celui-ci est relâché, après que le pêcheur ait relevé toutes les informations nécessaires (numéro de marque, lieu de la recapture, caractéristiques de l’individu marqué, …).

Pour en savoir plus: téléchargezLettre Projet RaieBeca_AGLIA.